SOYONS CREATIFS

 

Longtemps relayés au rôle d’amuseurs publics, les créatifs africains gagnent ces dernières années leurs lettres de noblesse. Il fut un temps où il était inenvisageable pour un parent africain de voir son enfant devenir styliste, chanteur, peintre ou photographe mais si certaines mentalités ont la peau dure, force est de constater qu’aujourd’hui, les industries créatives sont lucratives. L’art contemporain africain s’expose à Paris, New York, Tokyo. Les créateurs africains. En 2015, la maison Bonhams estimait à 46 millions d’euros la valeur marchande globale des enchères concernant l’art moderne africain. Selon Deola Sagoe, une créatrice reconnue, l’industrie de la mode en Afrique pourrait atteindre 15.5 milliards de dollars dans les prochaines années.

 

L’art contemporain africain exposĂ© Ă  la Fondation Vuitton en 2017

On compte près de 60% de chômeurs en Afrique. Les jeunes qui forment la majorité de la population sont obligés de se rabattre vers l’informel. “Etre créatif c’est résoudre un problème d’une manière nouvelle. Etre créatif implique de changer votre point de vue.Être créatif c’est des risques et ignorer les doutes et affronter les craintes. Etre créatif implique de rompre avec la routine et faire quelque chose de différent pour le plaisir de faire quelque chose de différent.” dit joliment le blog instantsprésents.com . Alors, les jeunes créent. La production audiovisuelle est en hausse. On connaît déjà tous Nollywood et son impact sans cesse grandissant, on (re)découvre les séries burkinabé ou ivoiriennes. Pour la première fois cette année, une chaîne française diffuse une série africaine (la reine blanche sur IDF1). On abandonne le wax. On exprime sa créativité avec de la soie ou du kenté sans que ça ne fasse moins de nous des créateurs de mode africaine.

Etude EY pour le CISAC sur les industries culturelles et créatives 2015

 

Etre crĂ©atif en Afrique aujourd’hui, ce n’est pas seulement dessiner ou sculpter des masques, photographier des enfants souffrant ou chanter le rythme de son village, c’est raconter son environnement. Un environnement qui ne se rĂ©sume plus seulement aux clichĂ©s auxquels on s’attend mais Ă  une multitude de possibilitĂ©s selon les influences. 150 musĂ©es d’art moderne sont ouverts en Egypte. Les fashion weeks se suivent avec plus ou moins de qualitĂ©. Les galeries de design et d’art moderne sont lĂ©gions. Aujourd’hui, les produits de ces industries ne sont pas toujours accessibles au grand nombre. Les gouvernements peinent Ă  crĂ©er les environnements propices pour laisser Ă©clore les talents. Plus que d’encourager uniquement la crĂ©ation, il faut lui permettre de dĂ©velopper ses moyens de production, d’amĂ©liorer sa distribution.

Et si demain, il Ă©tait possible Ă  un Ă©tranger de situer nos pays sur une carte non pas Ă  cause d’un footballeur ou d’une guerre mais Ă  cause du bien et du beau que nous crĂ©ons? Et si le bien et le beau crĂ©aient de la valeur? Selon une Ă©tude EY en 2015, les industries culturelles et crĂ©atives reprĂ©sentaient 75 milliards d’euros et 1.2 millions d’emplois en France. Quid de nous? Soyons crĂ©atifs!

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