Jeune, pourtant très douée et inspirante, Laetitia était notre coup de coeur. Pour le premier lookbook, nous voulions travailler avec quelqu’un dont l’inspiration est autant diverse qu’éclectique, quelqu’un qui n’a pas peur d’être différent et de voir les choses différemment. Comme un pari sur l’avenir, en choisissant Laëtitia pour notre premier lookbook, nous n’avions aucune inquiétude.

Elle partage ici avec vous, son état d’esprit et son inspiration.

Laetitia Kandolo, styliste pour Moonlook :

 Il y a quelques mois je « rencontrais » Nelly, par téléphone. Elle souhaitait que je mette à contribution mon grain à ce tableau déjà entamé, Moonlook.

Quelques temps après, nous nous sommes rencontrées en studio, les collections de tous ces fabuleux designers étaient enfin arrivées à Paris, capitale de la Mode. Cette première campagne a été travaillée comme un pur challenge, y mettre ma touche sans en oublier la vision de Nelly et surtout celle qu’auront les futurs adeptes de Moonlook.

Chacune de mes séries photos sont fondées à partir d’une histoire, réelle ou fictive. Ainsi en voyant toutes ces pièces, j’ai tout de suite essayé de faire le lien entre la campagne et le souhait de Nelly à travers Moonlook :  « être la vitrine de cette nouvelle Afrique «  . Pour être honnête j’ai rapidement été inspirée par certaines des pièces et des coupes qui finalement m’avaient l’air communes entre elles. A savoir ces jupes crayons, maillots de bain taille haute, ces robes style « Kennedy ».  En quelques jours mes idées étaient bel et bien en place et s’il y a bien une époque où l’Afrique était d’ores et déjà une destination en vogue, c’est bien les Sixties.

C’est donc un clin d’oeil à cette Afrique des années 60, dont nos parents et grands parents gardent les meilleurs souvenirs, celle de Jean Depara, la belle Afrique. Les sixties c’est également la belle époque en Europe et aux USA, c’est l’apogée d’une nouvelle mode, une mode jeune faite par des jeunes, de la musique sans interruption, un nouveau style de vie. Les fonds de couleur légèrement pastels redonnent ce côté pétillant et Pop Art mi-Bardot mi-Warhol. Le fameux téléphone n’est autre qu’une allégorie, l’image d’une communauté qui se passe un message. J’ai cette impression vis à vis d’une Afrique bâtie par des jeunes, tels que Nelly, qui s’unissent et communiquent pour pouvoir avancer.

Certains se demanderont donc pourquoi avoir choisi une mannequin de type « caucasien » afin de d’illustrer cela. Je vous répondrais pour la seule et unique raison que l’Afrique de demain est une Afrique ouverte au monde, riche en cultures, un cosmopolisme que nous, jeunes gens, amenons constamment sur le territoire. Ainsi cette femme ne représente  pas un visage du passé mais bien du futur.

On remerciera Luka Ukropina, le retoucheur, à qui j’ai fourni de vieux Polaroïds afin de le téléporter vers une autre époque;  Mais également toute l’équipe de production.